La couleur oiseau

Published on by Robert Dorazi

Les choses sont rarement aussi simples qu’elles le paraissent, dit-on. Et les personnes sont rarement bonnes ou mauvaises. Ce roman de Céline Vay le démontre très bien.

Justine a dix ans et elle vient de perdre son père, victime d’une maladie évolutive. Sa mère, Élodie, dont on peut penser au départ qu’elle n’a aucune excuse pour la traiter comme elle le fait, confie Justine à la garde de sa grand-mère paternelle, Catherine, une grand-mère que Justine ne connaît pas. Catherine ne semble pas porter Élodie dans son cœur, mais accueille avec joie sa petite fille, désormais le seul lien avec son défunt fils. Pourtant Catherine a aussi sa part d’ombre. On l’apprendra au fur et à mesure du roman. On découvrira aussi comment elle réussira à rendre à Justine un peu de ce père que la petite fille a si peu connu et dans des circonstances si éprouvantes à cet âge. Et plus encore.

Résumer le roman de cette façon ne rendrait pas justice à l’auteure qui y a mis un peu de sa propre histoire. Mais il y a aussi un peu de l’histoire de beaucoup de gens car la situation de Justine, celle d’Élodie et de Catherine est celle de milliers d’autres.

Comment parler de son père à une petite fille qui n’a de lui que des images d’hôpitaux, et qui en avait honte ? Est-il finalement impossible d’envisager que l’aigreur longtemps accumulée par une femme, trop tôt enchaînée à un homme plus vieux, diminué et mort en sursis, qui petit à petit abandonne ses rêves de jeune femme, puisse la pousser à blâmer jusqu’à sa fille ?

Ce roman décrit tout ceci et bien plus. C’est un livre dense, foisonnant, émouvant qu’il faut partager.

La couleur oiseau

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