Sarkoz'y étais… z’y reviens

Published on by Robert Dorazi

Et oui ! Cette fois c’est vrai. Pour ceux qui en doutaient (si, si. Il y en avait. Moi par exemple. Je ne pensais pas que le président actuel puisse être si mauvais que cela rende possible le retour du perdant de 2012 ! ) cette fois il est vraiment revenu. Il n’a pas eu besoin de ressusciter comme Lazare ou Jésus. Il a juste eu à gagner une élection pour de faux. Quelle élection ? À vrai dire ça n’a pas d’importance et on s’en fout. Il a gagné le droit, désormais, de venir parler au journal télévisé sans avoir à faire semblant de ne plus être le président de l’UMP.

Bon, le mauvais côté, c’est que le conseil constitutionnel vient de perdre un de ses membres les plus éminents (si, si, c’était un membre éminent…) On ne sait pas si le groupe de sages va pouvoir se remettre d’une perte aussi tragique. Pensez, ancien président, ancien avocat, toujours joggeur… C’est plutôt rare comme CV ! Sans compter qu’avec le départ de Sarkozy, les presque quatre-vingt dix ans de VGE et les petites (oui, bon, moyennes) pertes de mémoire de Chirac, le conseil se déplume plutôt pas mal en ce qui concerne les anciens présidents et membres de droit.

Mais bon. Ce que les sages perdent, c’est nous qui le gagnons (nous ne sommes pas sages bien évidemment.) Quelle chance ! Qu’est-ce qu’on va se marrer ! Parce que finalement, on en avait besoin de Sarkozy. La politique était assez plate et à ras la moquette avec Hollande. Hollande lui-même, malgré ses rondeurs, est un homme très plat (pas sympathique pour deux sous, mais plat.) Et jusqu’ici, c’était surtout avec Valls, son premier ministre, et Valérie, son ex-première dame, qu’il ferraillait, le François. Et il perdait sec. Il lui fallait donc un adversaire à sa taille, pas du 56, hein, mais un adversaire à peu près aussi mauvais que lui. Et voilà, oh miracle, que Sarkozy reviens. C’est parti !

C’est même une partie à trois et entre hommes, en plus. Tout ce que les opposants au mariage pour tous, et les homophobes abhorrent. Parce que dans cette bataille, ils sont trois. Trois has been si on en juge par leurs résultats respectifs.

Donc à mon centre il y a Alain Juppé ! Celui qui a un jour, été Premier Ministre. Un Premier Ministre qui n’a pas duré très longtemps, qui portait mal les bottes, et qui comptait très mal. Un Premier ministre qui n’a pas laissé de très bons souvenirs à ceux qui ont de la mémoire, ni un bilan terriblement positif, toujours à ceux qui ont de la mémoire. Mais comme les Français ont la mémoire très sélective et assez courte, il est censé être l’homme politique le plus populaire en ce moment (oh, comme il rougit le Juppé quand on lui dit ça!…) Cela dit, quand on va leur rappeler son bilan, et son passé pas si simple, aux Français, les choses pourraient un peu changer.

Ensuite, à ma gauche, enfin à la gauche du centre droit qui est tout de même bien à droite, il y a Hollande. Oui, vous vous souvenez ? Mais si voyons, l’actuel président. Bon, suivez un minimum ou j’arrête et je m’en vais. Hollande qui espère encore, maintenant que Sarkozy est revenu, pouvoir s’en tirer en 2017. L’espoir fait vivre. À moins bien sûr qu’il fasse comme Sarkozy en 2012, et qu’il dise « Adieu. Je ne reviendrai pas dans deux ans, mais en attendant je vais me la couler douce avec Julie et donner des conférences à 100000 dollars, ou même 50000 dollars, ou bien même je vous fais un prix à 1000 dollars mais vous fournissez les imperméables ! »

Enfin à ma droite (et peut-être très à droite) il y a donc…. Il y a donc… Sarkozy ! Je viens de vous le dire, et pourquoi pensez-vous que le titre de cet article soit « Sarkoz'y étais, z'y reviens ? »

Il revient donc avec 65% des votants de l’UMP, ce qui est moins bien qu’espéré. Mais il faudra bien faire avec. Et Sarkozy a déjà commencé. On peut lui faire confiance pour mettre toutes chances de son côté, et les juges de côté (oui, celle là, elle est minable mais il est tard.)

Dans cette partie à trois, c’est l’élection du prochain président qui se joue en fait. On pourrait même se dispenser de passer par les urnes en 2017. Mais on ne le fera pas, on est en démocratie. On pourrait s'en passer parce qu’à part une énorme surprise ou un accident de la route durant les deux années qui viennent, Marine Le Pen (la seule femme du quarté, qui ne court pas pour la gagne, mais juste pour faire pas belle au deuxième tour) sera l’adversaire malheureuse du prochain président. Elle le sait, et a déjà écrit son discours de perdante de 2017. Il est enterré dans son jardin sous le pommier, à coté de ceux de son père...

Pour en revenir à nos trois gaillards, ils se battent donc pour la deuxième place qui est en fait la première. Oui, c’est la vie. Parfois c’est celui qui arrive second qui gagne. C’est le Poulidor de la politique, sauf que Poulidor ne sera jamais président de la république, et qu'il perdait chaque fois qu'il arrivait second du tour de France de dopage

Dans cette course là, Hollande part avec de sérieux handicaps. Le premier d’entre eux, qui est presque rédhibitoire, c’est qu’il s’appelle François Hollande. On ne devrait jamais voter pour un homme qui s’appelle François Hollande. Ils font toujours des mauvais présidents. Vous en connaissez, vous, des bons présidents qui s’appellent François Hollande ? Non ? Et bien moi non plus. C’est bien la preuve.

Sarkozy, lui aussi, part avec de sérieux handicaps. Le premier d’entre eux, qui est presque rédhibitoire, c’est qu’il s’appelle Nicolas Sarkozy. On ne devrait jamais…

Il reste donc Alain Juppé. Lui, il part avec beaucoup de handicaps (et je ne parle même pas de sa calvitie.) Cela dit ils sont un peu moins rédhibitoires que ceux des deux précédents. Mais, comme souvent les ennemis de mes ennemis, sans être vraiment mes amis, peuvent être mes alliés, au moins provisoirement, Juppé n'est pas sorti de l'auberge (d'ailleurs pour le moment il n'a pas encore payé l'addition, donc il ne peut pas sortir…)

Et oui. Imaginez. Dans le duel Juppé-Sarkozy, si Juppé gagne les primaires de 2016, il sera élu président parce qu’il est plus fade que fade, et que les Français préfèrent les fades en ce moment. C’est comme ça. Il y a dans la fadeur, une notion de bien-être qui attire. Parce que les gens, à force de bouffer des fruits fades, et des légimes fades, à force d'entendre des chansons fades, de voir des films fades ou de lire des livres fades, ils finissent par aimer ce qui est fade (Zemmour l'a bien compris, et du coup il écrit des choses pas fades, souvent fausses, mais pas fades. Alors les quelques-uns qui ont encore envie de goûter quelque chose, achètent ses livres et les lisent sans bien comprendre ce qui est faux. Mais au moins, ils font l'effort. On devrait pardonner plus facilement à ceux qui essayent.)

Bien sûr, une fois élu, et contrairement à ce que les électeurs pensent en mettant leurs bulletins dans les urnes, le candidat-président fade ne se transformera pas en un foudre de guerre. Il restera fade pendant cinq ans. Donc si Juppé était élu, il resterait fade. Il ne serait pas contre ceci, mais pas vraiment pour non plus, il ferait ceci, mais cela froisserait cela, donc il ne le ferait pas, et tatati et tatata... Ouais, c'est pas gagné pour nous!

Mais si c’est Sarkozy qui gagne les primaires de 2016… Alors là, les choses changent pour Hollande. Elles restent beaucoup plus ouvertes. Si Sarkozy gagne alors tous les espoirs sont permis à Hollande parce que s’il y a quelque chose que les électeurs détestent encore plus qu’un président sortant qui a échoué, c’est un ancien président sortant qui a échoué ! Même à droite. Du coup. Hollande pense (je suis dans son cerveau en ce moment donc je sais ce qu’il pense) qu’il a beaucoup plus de chances d’arriver au second tour (et donc d’être réélu triomphalement !) si c’est Sarkozy qui gagne la primaire à droite.

Ce qui signifie que notre cher président va tout faire pour donner un petit coup de main à son ennemi intime, celui qu’il a déjà battu en 2012. Bien sûr il le fera en douce, en hypocrite, sans que cela ne se voie. Petit à petit.

Si j’étais Juppé (mais j’ai quand même beaucoup plus de cheveux) je ferais très attention à ce que je dis et à ce que je fais dans les trente mois qui viennent. Et s’il lui arrive de mettre le pied dans une crotte de chien, surtout qu’il n’aille pas penser que c’était juste un accident. Pas du tout ! Quelqu’un l’aura mise là exprès pour lui. Ou alors un chien aura décidé de se soulager juste à cet endroit. Mais bon, même les chiens font de la politique parfois.

Alors voilà où nous en sommes en ce début du mois de Décembre 2014. Dans douze mois exactement, je relirai ce petit article de blog (et vous aussi j’espère) pour savoir si j’avais vu juste, ou si j’avais seulement oublié de prendre mes pilules…

En attendant, longue vie à tous.

Sarkoz'y étais… z’y reviens

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