Merci pour ces moments, Valérie…

Published on by Robert Dorazi

Je le dis tout de suite, je n’ai pas lu le livre de Valérie Trierweiler. Je n’ai pas lu non plus le livre d’Eric Zemmour. Et c’est malheureux. Je ne dis pas « malheureux » parce que j’ai l’impression d’avoir raté deux chefs-d’œuvre de a littérature. Non. Je dis « malheureux » surtout parce que je ne peux plus me permettre financièrement de dépenser 20 euros pour un livre. Quel que soit ce livre. J’aimerais bien pouvoir sortir, sans y penser, un billet de 20 euros de ma poche pour le donner à un libraire en échange d’un livre ou d’un autre objet qui n’est pas absolument nécessaire. Mais ce n’est plus possible pour moi depuis trois ans maintenant. C’est dans ce sens que j’emploie le mot « malheureux. » Et j’ai bien peur de devoir employer ce mot encore longtemps dans les mois et les années à venir. Le chômage de longue durée, en général, plus ça dure et plus… ça dure.

Mais revenons à Valérie Trierweiler. À elle seule elle représente exactement tout ce dont les misogynes de tous bords avaient besoin et recherchaient activement: une femme sur laquelle ils pourraient vomir et déblatérer sans crainte. Une femme à laquelle ces hommes (mais aussi ces femmes, car il y en a beaucoup) pourraient accoler presque n’importe quel adjectif plus ou moins immonde sans avoir à subir les foudres des associations féministes plus ou moins exotiques, sans être traités de machos réactionnaires. Une femme qui pouvait porter sur elle tous les péchés sans que personne ne s’entende dire « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première boule puante.. »

Imaginez une seconde que Zemmour ait utilisé les mêmes mots qu’un E. Orsenna récemment au micro d’RTL. Et bien il est prévisible qu’une armada d’associations plus ou moins féministes, et probablement aussi quelques associations créées pour la circonstance (comme la LDVT, la Ligue pour la Défense de Valérie Trierweiler) lui seraient tombées dessus illico. Il faut dire qu’il ne fait pas dans la dentelle, Zemmour.

Mais les hommes qui bavent en ce moment sur V. Trierweiler, sont le plus souvent des hommes « de gauche. » Ça me fait un peu penser au tir de barrage immonde auquel nous avions eu droit au moment de l’affaire DSK. Nous avions alors vu tous les virils du PAF et du PIF (plus ou moins virils il faut bien l’avouer) prendre la défense du pauvre DSK presque violé par une N. Diallo machiavélique… Qu’est-ce qu’elle n’avait pas pris la pauvre femme (en plus bien sûr, de ce qui avait pu se passer dans cette chambre d’Hôtel.)

Bon, évidemment V. Trierweiler n’est pas une femme qui a peut-être été violée à l’insu de son plein gré, et on n’a pas retrouvé la semence présidentielle sur les murs de l’Élysée (enfin, je dis ça, je n’en sais rien), mais tout de même.

V. Trierweiler n’est pas non plus la pire salope que l’on peut imaginer (surtout quand on entend les commentaires de tel ou tel.) Elle a bien profité du système, certes. Elle a peut-être « baisé utile » comme l’avait imprudemment tweeté un journaliste qui avait immédiatement été évincé (tiens, lui il aurait dû attendre deux ans, et il aurait pu dire exactement la même chose sans perdre son boulot. Ça prouve que parfois, être un visionnaire peut être une mauvaise chose…) mais Hollande, lui aussi, a baisé quelques millions d’électeurs, après tout ! Égalité, donc. Et accessoirement, sa régulière, il l’a quand même larguée comme une vieille chaussette. Seulement il n’est pas un mauvais journaliste, seulement un mauvais président que même le PS veut éliminer avec des primaires. Du coup, lorsqu’il l’a laissée tomber, il a fait ça vite fait mal fait. En une phrase.

V. Trierweiler, elle, est journaliste. Elle lui a donc rendu la pareille. Simplement, au lieu d’utiliser tweeter ou une dépêche AFP, elle a écrit un bouquin.Et le succès a été foudroyant.

En quelques centaines de pages dont je ne parlerai pas, puisque comme je l’ai dit, je ne peux pas dépenser 20 euros comme ça (un jour peut-être, mais pas aujourd’hui), elle a réussi cinq choses au moins.

  • Elle a réussi à mettre plus bas que terre un président qui était déjà à terre (normal donc de creuser).
  • Elle a mis au goût du jour une expression qui pourrait faire date. Les dentistes lui disent merci.
  • Elle a montré qu’une journaliste pouvait encore vendre du papier à l’heure ou d’autres quotidiens dévoyés en sont réduits à payer leurs journalistes avec les aides de l’état.
  • Elle a gagné potentiellement 1.5millions d’euros (potentiellement, car les royalties sont en général versés plusieurs mois, voir un an, après la sortie d’un livre.)
  • Enfin elle parcourt désormais le monde occidental pour une tournée promotionnelle qui pourrait encore augmenter son bas de laine de quelques centaines de milliers d’euros.

Si j’en crois ce que j’ai lu ici ou là (mais peut-on croire ce qu’on lit dans les journaux ?), ce livre ne fera rien pour la littérature en général. Mais bon sang que ça fait du bien parfois d’entendre tous ces pères-la-vertue s’égosiller à en exploser pour insulter cette femme qui ne leur a rien fait. Et qu’il est doux de constater à quel point ceux qui passent leur temps à donner des leçons de morale à la planète entière, peuvent d’un seul coup se couvrir de ridicule et dépasser dans l’insulte tous ceux qu’ils exècrent !

Donc, personnellement je dis Bravo à Valérie Trierweiler. Non pas pour son livre, non pas pour ses talents de journaliste dont je ne sais rien, mais simplement parce qu’elle leur a fait la nique à tous ces guignols, et qu’elle va continuer quelques semaines avant que tout cela ne tombe dans l’oubli.

En attendant, et pour vous éloigner un peu de ce marigot Parisien, si vous avez 3 euros à dépenser sans y penser (ou même en y pensant), vous pouvez toujours vous détendre en téléchargeant les aventures d’Hiver Minimus, le petit sorcier de l’Antarctique, ou avec les aventures de Martin Contremage le magipurlien. Dans ces deux livres, nulle insulte, pas de sans-dents, pas de coucherie. Juste de l’aventure, de la magie et du rêve. Et deux héros attachants ! Vous ferez une bonne action.

Et si vous avez 12 euros à dépenser, vous pourrez acheter les versions papier de ces deux romans.

Merci pour ces moments, Valérie…

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