Drone toi-même !

Published on by Robert Dorazi

Drone par-ci, drone par-là ! Drone pour ceci, drone pour cela ! Nous sommes cernés par les drones.

Le dernier épisode en date concerne le survol, de façon répétée depuis quelques semaines, de centrales nucléaires. Penly, Flamanville ou Fessenheim ont toutes été l’objet de curiosité de la part de drones. Tremblez citoyens !

Alors pour les têtes en l’air qui ignoreraient ce que sont ces drones, je rappelle que c’est un peu la traduction angoissante de « modèle réduit » ou maquette. Parce que oui, quand j’étais encore jeune, on pouvait aussi acheter (ou construire pour les plus passionnés) des drones. Mais on les appelait modèles réduits (avions, hélicoptères, bateaux etc…) Simplement le nom « modèle réduit » ne faisait pas assez peur. Tandis que « drone »… Ouh la la ! Ça fait science fiction, ça fait futuriste, ça fait militaire. Donc ça fait peur. Parce que lorsque j’étais jeune, certains petits malins pouvaient même balancer des yaourts natures (ou aux fruits, mais c’était cher) sur la tête du voisin mal luné. Les drones, eux, pourraient balancer des bombes, ou alors des colis d’Amazon puisque le géant de la distribution a dans l’idée de livrer les colis de cette façon.

Les mots « drone, bombe, et centrale nucléaire » font déjà peur séparément, alors vous imaginez facilement ce que cela donne quand ils sont utilisés dans la même phrase ! La peur a toujours permis de mener le petit peuple par le bout du nez. Et donc les écologistes, qui aiment bien faire peur à tout le monde, surtout quand ils sont au pouvoir, ont sauté sur l’occasion. Pensez, personne ne peut savoir ce qui se trame dans le cerveau de ceux qui ont envoyé ces drones se balader du côté des centrales nucléaires. Peut-être qu’ils sont en mission de reconnaissance ! Peut-être aussi qu’une attaque simultanée est en train de s’organiser sous nos yeux qui ne voient rien. Mais pas de panique, il y aura toujours un ou une Cassandre pour nous expliquer qu’on va tous mourir bientôt. Les centrales ne sont pas sures, Fukushima mon amour, les tsunamis (ah non, non, pas les tsunamis) etc… Je n’en dors plus.

Peut importe si les spécialistes du renseignement rigolent quand on leur parle d’espionnage puisque les photos que pourraient prendre ces drones sont disponibles sur n’importe quel site web dévoué aux dites centrales, et que franchement prendre en photo les tours des centrales pour faire de l’espionnage, c’est comme prendre en photo l’extérieur de la fusée Ariane et dire « maintenant on va pouvoir construire la même! »

Ils rigolent aussi un peu quand on leur parle d’attentat puisque les centrales, sans être indestructibles, sont tout de même construites pour résister à de gros chocs. Alors pourquoi utiliser un drone plutôt qu’un bazooka ?

D’ailleurs nous ne parlons ici que de drones volants (donc des modèles réduits d’avions pour ceux que le mot drone effraie trop !) Parce que les drones peuvent aussi être des drones sous-marins ! Là, tout de suite ça fait encore plus peur. Vous imaginez une petite flotte de drones sous-marins transportant des mini charges nucléaires qu’on va envoyer aux quatre coins des océans à l’attaque de navires, de plates-formes de forages, de câbles électriques ou de toutes autres cibles. Parce que les drones volants on peut les voir, on peut même les tirer à la carabine 22 long rifle améliorée comme cela se faisait aussi quand j’étais jeune (bon, moi je ne le faisais pas, je n’ai jamais aimé les armes à feu, même si j’ai eu un lance-pierre…) Mais les drones sous-marins ? On ne les voit pas ! Et essayez donc de tirer à la carabine à 200m sous la surface en retenant votre respiration !

Ah ! Je vois que je viens de vous faire vraiment peur. Et bien vous allez faire dans votre petite culotte quand vous saurez que tôt ou tard viendront les mini-drones, puis les micro-drones (pour les nano-drones il faudra attendre un peu plus longtemps.) On ne les verra plus et pourtant ils seront là, autour de nous, tout autour. Ils espionneront chacun de vos gestes, analyseront notre respiration pour tout connaître de notre vie intime ou le repas de la veille. Et là, pas question de tirer à la carabine. Non, au mieux il faudra utiliser des bombes anti-moustiques (pas les autres, hein) ou les tapettes pour les plus écologistes d’entre-nous.

Et on dit que la nuit d’Halloween est dangereuse !

Drone toi-même !

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