Première fois?

Published on by Robert Dorazi

Une nouvelle écrite pour un concours de nouvelles érotiques sur Welovewords (donc vous pouvez voter si vous le souhaitez.) Mais le sujet de cette nouvelle est légèrement différent de ce que l'on pourrait penser de prime abord... :)

Si seulement mon père avait été là il aurait pu me donner quelques précieux conseils pour cette première fois. Mais je ne l’avais jamais connu. Il était mort avant ma naissance, et ma mère n’avait jamais voulu me donner de détails à ce sujet. Elle n’aimait pas parler de ça. Ni du reste non plus, d’ailleurs. Le sexe n’avait jamais été sa tasse de thé ou de café. C’était peut-être par timidité.

D’ailleurs elle nous avait abandonnés très vite mes frères et moi. Je ne lui en voulais pas, mais quand même, avoir son avis sur la chose, ça m’aurait peut-être aidé un peu. Après tout elle était passée par là aussi, même si elle était à l’autre bout du… enfin à l’autre bout.

Pourtant quand j’ai aperçu cette créature magnifique mon sang n’a fait qu’un tour. Je m’en souviens comme si c’était hier. En fait c’était hier !

Je l’avais vue d’assez loin mais il m’était désormais impossible de l’oublier. Sa peau ébène, presque noire et lisse brillait de sous les reflets du soleil de l’après midi. On ne pouvait pas résister à ses jambes longues et fines, des jambes qui promettaient d’emmener tous ses amants au septième ciel, et même au paradis. Quand elle les bougeait avec cette grâce toute féminine j’avais l’impression déjà d’avoir des ailes.

Je la fixais et j’avais du mal à avaler ma propre salive. Elle me regarda de ses yeux hypnotiques, noirs, irrésistibles. Plus rien n’existait autour de moi. Elle ne m’avait pas fait de signe particulier et pourtant j’eus vraiment l’impression qu’elle m’appelait. C’était sûrement hormonal. C’était toujours hormonal dans ces moments là. Dans les autres moments aussi.

Son torse était presque nu, et je l’ai suivi sur toute sa longueur. Que dire sinon que je n’avais jamais vu une ligne et des courbes aussi parfaites. Elle avait même une petite tâche de naissance rouge sur son ventre. Une tache qui ressemblait à celle qu’avait ma mère presque au même endroit, du peu que je m’en souvienne.

Un de mes amis, si je peux l’appeler ainsi parce que je n’ai jamais vraiment eu d’amis, m’avait affirmé que je faisais un complexe d’Œdipe. D’après lui, puisque mon père était déjà mort, et que je me pouvais pas avoir ma mère, il ne me restait plus qu’à tenter ma chance avec quelqu’un qui lui ressemblerait. Mais franchement, à part cette tâche, la beauté qui me regardait encore une fois, ne ressemblait en rien à ma mère. Quel idiot cet ami ! Il la voulait sûrement pour lui.

Quand elle me regarda la troisième fois, un peu plus longtemps, cette fois je sus qu’elle me donnait rendez-vous. Et j’acceptais !

Bien sûr l’attente commença, et l’inquiétude vint avec. Toutes ces questions arrivèrent en même temps. Et je n’avais personne à qui me confier, si ce n’est cet ami idiot qui confondait une apparition paradisiaque avec ma mère ! La seule chose qu’il trouva à me dire ce fut que je devrais amener un présent pour aller rendre visite à ma belle. Et pourquoi pas des fleurs pendant qu’il y était !

Je savais bien où la trouver, alors je suivis le chemin. Seul, sans présent, sans cadeau. Juste moi. Moi tout neuf, à peine sorti du cocon. C’était ça mon cadeau. Le plus beau que je pouvais lui apporter.

Elle m’attendait. Elle était déjà magnifique lorsque je l’avais aperçue de loin, moi qui était un peu myope. Mais elle était encore plus belle de près. Sans rien dire elle me fit signe de la suivre sur l’herbe. Oui, pour une première fois le bleu du ciel, l’air frais, le contact de l’herbe seraient parfaits ! Elle avança et jeta quelques regards derrière elle pour être certaine que je la suivais.

Mais mon ange, j’étais prêt à te suivre en enfer si l’enfer existait !

Elle était encore plus grande que je ne l’avais imaginé, plus grande que moi. J’avais l’impression d’être un nain à côté d’elle.

Elle s’arrêta devant un parterre de soie. J’aimais la soie, sa délicatesse sans pareille, le bruissement lorsqu’on bouge dessus. Elle avait fait les choses en grand et je n’avais rien d’autre à lui offrir que moi-même. Finalement j’aurais peut-être dû… Inutile de regretter. Ce qui était fait était fait.

Nous étions seuls maintenant, à part quelques insectes qui tournoyaient au-dessus, d’autres qui étaient cachés sûrement. Mais ça n’avait aucune importance. Je me moquais bien du monde entier à cet instant. Ils pouvaient bien tous épier nos ébats à venir, ça ne me gênait pas le moins du monde. Je voulais hurler au monde entier mon excitation qui montait au fur et à mesure.

Sans même avoir prononcé un seul mot, la belle me fit comprendre ce qu’elle voulait et que je pouvais lui donner,

Elle était nue, complètement nue. Et sans même m’en rendre compte, je m’étais retrouvé nu aussi. Mon cœur battait déjà très fort. Enfin j’imaginais que le bruit venait de mon cœur. Et moi qui d’habitude gardais toujours mon sang froid, je sentais bien que mes veines se réchauffaient. C’était une sensation étrange, enivrante et effrayant à la fois. Mais j’imaginais que c’était bien normal pour la première fois. On avait tous entendu des choses plus ou moins vraies sur la première fois.

Comme je ne voulais pas faire trop attendre ma partenaire, et encore moins la décevoir, je trouvais le courage de commencer à la toucher. D’abord ses jambes, Immenses, véritablement immenses. Sa peau lisses recouvrant des muscles que je pouvais sentir. Mes caresses allaient de haut en bas, suivant leur galbe. Doucement, délicatement, je faisais de mon mieux pour ne pas la décevoir, pour lui insuffler un peu de cette fébrilité qui m’habitait un peu plus à chaque instant. Pour l’instant elle était à quatre pattes, enfin oui, on peut dire ça. J’étais donc sur elle. Ce n’était pas le plus confortable parce que j’étais plus petit, mais avec le temps je commençais à trouver la cadence qui me convenait pour les préliminaires. Parce que c’est comme ça qu’on appelait ces moments qui précédaient le…

Elle devait être assez magnanime car elle commença elle aussi à bouger, à se laisser aller, à s’abandonner à mes caresses. D’ailleurs c’était maintenant avec pratiquement tout mon corps que je me frottais à son corps athlétique. Nos mouvements conjugués envoyaient des vibrations sur notre couche de soie. J’apprenais au fur et à mesure, et j’apprenais vite, semble t-il. En fait on aurait presque dit que tout cela est inné, que je savais exactement quoi faire et comment le faire.

Ma partenaire m’aidait sans même dire quoi que ce soit. C’est sûrement inné chez elle aussi. Elle savait quoi faire pour exciter celui qui était venu se perdre dans ses bras et dans ses jambes.

J’étais toujours au-dessus d’elle, et j’aurais voulu la renverser sur le dos. Mais elle était plus forte que moi et je sentais bien qu’elle ne me laisserait pas faire, qu’elle voulait me dominer. Alors c’est moi qui me suis faufilé sous elle. Délicatement, car je ne tenais surtout pas à briser les mouvements de cette danse qui nous soudaient l’un à l’autre. Alors je glissais lentement tout en continuant de flatter ma partenaire par des caresses toujours plus précises, toujours plus expertes. Je ne savais pas que je pouvais faire ça. La nature était tellement bien faite !

Maintenant, en plus de caresser son dos je pouvais sentir son ventre et perdre mon visage dans sa poitrine rebondie. Son parfum m’enivrait. Sa sueur, qui n’était peut être que la rosée tombée sur notre lit de soie, coulait sur moi. Je descendais un peu. Je voyais sa tache de naissance de plus près. C’est vrai qu’elle lui ressemblait. Cette pensée me troubla, alors je remontais, et ma partenaire m’aida. Je sentais son cœur battre aussi fort que le mien. Voilà une partie de ma récompense. Savoir que j’étais en train de lui donner du plaisir !

Nos mouvements devinrent plus saccadés, comme si nous étions en train de danser le jerk. Je me rendis compte que c’était moi qui imprimais ce mouvement, avec mes huit pattes. Mon corps ne m’appartenait plus, il bougeait tout seul, et ses mouvements étaient encore amplifiés par la toile de soie. Ma partenaire était toujours silencieuse, ou bien c’était moi qui n’entendais plus rien. Tout mon être ne tendait plus qu’à une chose, venir ! Et je vins. Veni, vidi,…

Je ne me souviens pas du moment où elle m’a mordu parce qu’à ce moment je jouissais. Ironie du sort, la dernière chose que j’ai vu c’est la tache rouge en forme de triangle sur le ventre de celle qui me vidait vraiment de tout mon être, littéralement. Je compris soudainement pourquoi on appelait ma mère, et toutes ses amies d’ailleurs, une veuve noire. Je compris aussi pourquoi elle n’avait jamais voulu me dire comment mon père était mort. Tu parles ! Finalement mon ami n’était pas aussi con que je l’avais imaginé. J’aurais dû l’écouter et venir avec un cadeau, par exemple une mouche enveloppée dans de la soie.

Première fois?

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