Jaune de Chrome

Published on by Robert Dorazi

Une nouvelle qui revisite le destin tragique de Vincent Van Gogh...

Le hasard voulut que je visite Auvers-sur-Oise alors qu’un homme, dont je n’avais jamais entendu parler, était sur le point d’y perdre la vie. C’était en Juillet 1890. Je venais de réussir l’examen d’entrée à la sûreté nationale de Paris, persuadé que moi, Guillaume Dussolier, j’y ferais entrer les méthodes d’investigations les plus modernes.

Ma mère me suggéra de prendre quelques jours de repos chez sa sœur Agathe avant d’être officiellement nommé à mon poste.

Je pris donc le train le lundi 28 juillet en fin d’après midi. Une fois arrivé en gare d’Auvers-sur-Oise j’entrepris de marcher jusque chez ma tante. Un paysan qui connaissait bien l’adresse offrit pourtant de m’y emmener sur sa charrette. J’acceptais volontiers. Chemin faisant, il me confia que la cicatrice sur son bras était un souvenir de la guerre de 1870 qui avait débuté pratiquement le jour de ma naissance. Lorsque je lui dis que j’étais sur le point de rejoindre la sûreté nationale, il me demanda si le peintre fou était la raison de ma présence dans le village. Je répondis que je venais passer quelques jours à la campagne, et que je ne connaissais aucun peintre fou. L’homme m’affirma qu’Auvers-sur-Oise en abritait un, et il se mit à rire.

J’arrivais chez ma tante Agathe alors qu’elle récupérait le linge étendu.

Elle était l’aînée d’une famille de cinq enfants, trois filles et deux garçons. Mon oncle Ferdinand avait lui aussi fait la guerre contre les Prussiens. Il n’en était pas revenu. Son frère Amédé avait eu plus de chance, et s’était ensuite établi en Algérie où il mourut bien plus tard. La plus jeune soeur, Églantine, n’avait pas vécu longtemps, emportée par les fièvres à l’âge de trois ans.

Tante Agathe était veuve depuis trois ans. Elle avait eu deux enfants, Clara et Rose. Clara était à peine plus âgée que moi. C’était une fille très discrète, sans beaucoup de charme, mais bien élevée. En 1890 elle était déjà mariée, et vivait avec son époux près de Châteauroux. Sa soeur Rose, que j’avais rencontrée plusieurs fois lorsqu’elle nous visitait, était encore une jeune fille d’à peine quinze ans en 1890. Mais sa beauté attirait déjà tous les hommes où qu’elle soit. Elle ne craignait jamais de les aborder, et en récolta une mauvaise réputation. Rose me mettait un peu mal à l’aise, je dois bien l’avouer. Mais puisqu’elle passait quelques jours chez Clara, tante Agathe pouvait sans problème m’héberger. J’avais insisté pour payer mon séjour, mais puisque je ne disposais que de mes deux bras et mes deux jambes, j’indiquais à ma tante qu’ils étaient tous à sa disposition.

Pendant notre premier dîner je l’interrogeais à propos de ce peintre fou. Est-ce qu’un faible d’esprit s’amusait à défigurer les murs des maisons du village ?

Ma tante avait pris un air sombre et embarrassé pour m’apprendre qu’il ne s’agissait nullement d’un de ces ouvriers qui redonnaient des couleurs aux façades de nos maisons, effaçant le temps qui passe et vole nos plus beaux souvenirs, mais de monsieur Van Gogh, un peintre venu de Hollande qui utilisait ses pinceaux et ses tubes de couleurs pour coucher sur ses toiles des arbres ou des hommes fauchant les blés. On le disait fou parce qu’il avait déjà fait plusieurs séjours à l’asile, et que ses paroles avaient parfois aussi peu de sens que celles des simples d’esprits.

Ma tante ajouta qu’elle l’avait parfois aperçu, marchant en direction des champs, portant tout son métier sur son dos comme un escargot. Parfois aussi elle l’avait vu revenir plus tard dans la journée, un tableau dans la main et beaucoup de taches de couleurs sur ses habits et dans sa barbe rousse.

Je lui demandais s’il avait créé des problèmes à l’un des villageois. Ma tante me répondit aussitôt que si monsieur Van Gogh avait fait du mal à quelqu’un, c’était à lui-même car le père Ravoux, le propriétaire de l’auberge où le peintre habitait, l’avait retrouvé dans sa chambre, en proie à des douleurs intenses qui avaient nécessité la présence d’un médecin. Cela s’était passé le dimanche précédant mon arrivée. Ma tante ajouta que deux gendarmes avaient été appelés à son chevet au matin suivant.

Elle avait aiguisé ma curiosité, mais il se faisait tard. Je pris congé pour aller dormir, me promettant de me rendre dès les premières heures du jour à la gendarmerie et à l’auberge où ce pauvre Van Gogh logeait pour en savoir plus.

Le lendemain j’eus l’arrogance de penser qu’il me suffirait d’annoncer aux gendarmes qu’ils avaient devant eux un futur officier de la sûreté nationale pour qu’ils m’instruisent de tous les détails de cette affaire. Au lieu de cela, je fus accueilli par quelques moqueries avant d’être renvoyé. Par chance l’un des gendarmes présents, une très jeune recrue, dut prendre pitié car il me rejoignit dans la rue pour me parler. Il m’apprit que Van Gogh était revenu à l’auberge le dimanche dans la soirée, qu’il était remonté dans sa chambre sans dire un mot, et que quelques temps plus tard Ravoux l’avait trouvé à terre, tordu dans d’atroces souffrances, sa chemise ensanglantée. Le docteur Gachet avait été prévenu aussitôt après, tandis que la gendarmerie ne fut mise au courant que le lundi matin. Deux officiers envoyés sur place constatèrent que la blessure avait été occasionnée par une arme à feu, probablement un revolver. Monsieur Van Gogh insista sur le fait qu’il s’était blessé en tentant de se suicider.

Mon interlocuteur ajouta que l’un des deux officiers avait vu suffisamment de blessures similaires pour ne pas donner cher de la peau du peintre, et que si le pauvre homme avait vraiment essayé de se donner la mort, il ne s’était pas raté. Il avait simplement choisi de souffrir atrocement avant de mourir.

Je dois bien avouer, à ma grande honte, que je fus bien déçu d’apprendre qu’il s’agissait d’un suicide. Faut-il être un monstre sans cœur pour réagir de cette façon ? Était-ce déjà un signe de la vie qui serait la mienne dans les années et les décennies à venir ? Je n’en avais aucune idée en ce mois de Juillet 1890.

Je me rendais ensuite à l’auberge, mais la porte était close lorsque j’arrivais. J’appris que monsieur Van Gogh agonisait dans sa chambre, et que son frère, un marchand de tableaux, veillait sur lui. J’entendis une femme habillée de noire prédire que le pauvre homme ne pourrait pas avoir un enterrement chrétien pour s’être ainsi donné la mort.

Ma tante travaillant la journée dans l’usine de couture du village, je n’avais aucune raison de rentrer immédiatement. Puisque j’étais venu pour un séjour à la campagne, et que le temps s’y prêtait admirablement, je décidais d’aller me promener.

Les kilomètres ne me faisant pas peur, je déambulais, observant les paysages autour de moi. Je comprenais qu’un peintre puisse trouver dans ces champs, ces arbres, ou ces chemins sinueux bordés d’épis de blé, matière à fabriquer de beaux tableaux aux couleurs variées. Pauvre monsieur Van Gogh.

Je continuais de marcher, sur la route ou sur des petits chemins de terre, jusqu’à me retrouver dans le quartier de Chaponval. C’est là-bas, arrivé au sommet d’une butte qui permettait de voir encore plus loin aux alentours, que mon regard fut attiré par le reflet dansant du soleil sur un objet posé sur le sol. C’était un tube de peinture roulé sur lui-même. Je regardais autour de moi mais je ne trouvais que quelques autres tâches de couleurs sur le sol et un bouton blanc crème, joliment crénelé. Peut-être Van Gogh était-il parfois venu peindre ici. Peut-être même était-ce ici qu’il avait voulu se donner la mort, perdant ce bouton par la même occasion. J’éliminais cette possibilité, n’ayant observé aucune trace de sang à cet endroit.

Je dépliais le tube et je pus lire qu’il s’agissait de jaune de chrome. Je décidais de ramener ces deux objets avec moi, car bien qu’aucune enquête ne soit ouverte, je tenais déjà à faire mon travail aussi bien que possible. Mes études et plusieurs ouvrages remarquables de criminologues m’avaient convaincu que chaque détail, même trivial, pouvait se révéler essentiel à l’établissement de la vérité, quelle qu’elle soit !

J’enveloppais le tube et le bouton dans mon mouchoir avant de mettre le tout dans ma poche. J’entendis le clocher de l’église sonner une heure. Je trouvais un endroit pour m’asseoir et prendre mon repas. La digestion et le soleil aidant, je dus m’assoupir car c’est encore le son de la cloche marquant trois heures qui me réveilla. Il était temps de rentrer.

Ce faisant, je repassais devant l’auberge, où une petite troupe s’était agglutinée. Monsieur Van Gogh avait rendu l’âme. Je repensais à ce que le jeune gendarme m’avait dit à propos des blessures au ventre. Au moins le pauvre homme n’était plus au calvaire. J’appris que l’enterrement aurait lieu le lendemain après le service religieux, et j’en fus un peu surpris aux vues des circonstances de la mort.

Ma tante rentra alors que je terminais de nettoyer une partie du petit jardin où poussaient les légumes qu’elle cuisinait si bien. Je lui avais assuré que tout serait terminé avant mon départ, et j’entendais bien tenir ma promesse.

Je lui rapportais ce qui s’était passé à l’auberge mais elle savait déjà tout. C’est d’ailleurs elle qui m’appris que le curé ayant refusé l’aide de l’église au suicidé, le cercueil serait finalement exposé à l’auberge. Elle me demanda si je souhaitais l’accompagner au matin, et j’acceptais.

Le dîner se passa dans une atmosphère assez étrange, ma tante semblant très affectée par la mort du peintre, bien plus que je ne l’aurais pensé. Elle m’avait toujours semblé une femme forte que la mort d’un frère, d’une sœur et d’un époux n’avait pas abattue. Je mis cela sur le fait que le suicide était un acte que tante Agathe réprouvait, elle qui, sans être dévote ou bigote, était tout de même une bonne catholique. Je pensais égayer un peu la soirée en demandant des nouvelles de mes cousines, notamment Rose, mais je sentis que ce n’était pas là une bonne idée. Ce n’est que deux jours plus tard que je compris pourquoi.

C’est dans l’arrière salle de l’auberge, que le cercueil fut exposé le mercredi 30 Juillet. Il était déjà fermé et recouvert d’un drap blanc lorsque nous arrivâmes. Je n’eus donc jamais l’occasion de voir le visage de ce peintre aujourd’hui devenu aussi célèbre que ce Picasso qui expose pourtant de bien étranges tableaux. Des tableaux encore plus étranges que ceux dont les murs de l’arrière salle avaient été couverts. Je découvris de mes propres yeux ce que ma tante m’avait décrit comme des images aux couleurs vives, jaune, rouges ou bleues. C’était effectivement la façon la plus simple de décrire la penture de Van Gogh pour qui n’était pas artiste. Je dois avouer que je ne trouvais pas beaucoup de grâce dans les coups de pinceaux, ni dans la façon qu’il avait eu de représenter ses personnages. Pourtant j’imaginais qu’il y avait dans cette naïveté quelque chose qui pouvait être touchant pour qui savait mieux regarder que moi.

C’est autre chose qui attira pourtant mon regard. Dans un coin de la pièce quelqu’un avait posé les outils de monsieur Van Gogh, son chevalet, ses pinceaux et ses tubes de couleurs. Je m’approchais discrètement, et je pus constater que les tubes ressemblaient à celui que j’avais retrouvé. Il y avait même un tube identique de jaune de chrome.

Une fois l’hommage rendu au mort, et alors que nous traversions la salle à manger principale, un homme s’approcha et salua ma tante. Elle me présenta à monsieur Ravoux, qui la connaissait bien elle et son défunt mari. S’ensuivit une brève conversation dont je ne me souviens pas car madame Ravoux arriva avec un panier rempli de linge, dont le plus visible était une chemise couverte de tâches de peinture et d’une large tâche rougeâtre.

Oubliant toute retenue, je demandais à l’épouse Ravoux s’il s’agissait de la chemise que portait Van Gogh lorsque le drame s’était passé. Elle hésita à parler et jeta tout d’abord un regard vers son mari. Puis elle répondit que le vêtement appartenait bien au peintre, ce qui était évident puisqu’au centre de la tâche de sang on voyait clairement l’endroit par où la balle était entrée. Je dus pâlir car ma tante s’alarma et Ravoux me prévint qu’il valait mieux que je m’habitue à ce genre de spectacle pour mon métier à venir.

Madame Ravoux disparut bien vite, emportant son linge. Mais j’avais eu le temps de constater deux choses. Tout d’abord il n’y avait pas de boutons crénelés sur cette chemise, mais de simples boutons lisses et bruns. Et surtout, autour du trou il n’y avait que du sang rouge. Or je savais déjà que c’était impossible. Un article très récent, dont je ne doutais pas des conclusions, avait établi qu’il devait exister des traces de poudre noires autour d’une blessure si le canon de l’arme était situé à moins d’un mètre, comme c’était évidemment le cas lorsqu’on voulait se donner la mort. L’absence de ces traces sur la chemise que monsieur Van Gogh portait le soir de sa mort ne pouvait signifier qu’une chose: il ne s’était pas suicidé !

La tête me tournait. Je ne savais que faire. Devais-je prévenir la gendarmerie ? Mais je n’avais aucune chance de les convaincre, ne pouvant leur offrir que les conclusions d’un article scientifique encore trop nouveau. Devais-je en parler à la famille du défunt ? Mais dans leur douleur ils ne m’écouteraient pas, et me prendraient pour un fou doublé d’un impudent.

Puis je me rendais compte qu’il aurait suffit au peintre de porter un vêtement au-dessus de sa chemise pour que celui-ci empêche toute trace de poudre de se déposer. Oui bien sûr ! Encore une fois j’avais trop vite déduis quelque chose d’inexact, faute de connaître tous les détails. Cette pensée me rassura. Je présentais des excuses à Ravoux pour avoir paru si discourtois tantôt, et je lui demandais si monsieur Van Gogh portait un manteau au-dessus de sa chemise lorsqu’il allait peindre. L’aubergiste me répondit qu’avec la chaleur qu’il faisait en ce moment il fallait être fou pour porter autre chose qu’une chemise légère. Il ajouta qu’il était cependant préférable de mettre un chapeau pour éviter les insolations. C’était sa façon à lui de me dire que je n’avais plus toute ma tête.

Pourtant je n’avais plus aucun doute. J’étais arrivé à Auvers-sur-Oise alors qu’un meurtre venait d’y être commis, sans que je puisse faire quoi que ce soit. D’ailleurs la chemise devait maintenant tremper dans l’eau, détruisant ainsi la seule preuve existante. Ou du moins le pensais-je.

Le jeudi qui suivit l’enterrement fut bien calme. On n’y parlait pourtant que du pauvre peintre qui n’avait guère eu de chance dans sa vie, et qui était mort dans la misère et le péché. Une vie gâchée en somme.

Quant à moi je fis de mon mieux, mais sans y parvenir, pour me débarrasser de ce sentiment d’inutilité et de frustration. Au moins le jardin était-il désormais en place.

Étrangement, ma cousine Rose revint ce jour là, en fin d’après midi, alors que son retour n’était prévu que pour le dimanche suivant. Cela ne manqua pas d’irriter tante Agathe, et elle le signifia sans détour à sa fille. Cela voulait dire également que je devrais repartir le soir même. Qu’à cela ne tienne, l’agitation de Paris serait un bon moyen de me guérir de mon mal.

Rose avait les yeux rougis lorsqu’elle était arrivée, et à mon grand étonnement elle demanda la permission à sa mère d’aller se recueillir sur la tombe de Van Gogh presque aussitôt. Elle me raconta fièrement comment elle l’avait rencontré à plusieurs reprises, et qu’il avait promis de faire son portrait. Un portrait qui serait bien plus beau que celui qu’il avait fait d’Adeline, la jeune fille des Ravoux qui n’avait pourtant aucun charme !

Tante Agathe refusa d’abord tout net de laisser Rose aller seule jusqu’au cimetière, et c’est seulement quand je me proposais de l’accompagner que ma tante accepta.

Nous nous rendîmes donc au cimetière après que Rose se soit changée. Il n’y avait personne d’autre que nous à cette heure là, et Rose se recueillit devant une petite pierre tombale très simple, mais très fleurie. Pour ma part c’est ce jour là que j’appris que Van Gogh s’appelait Vincent, et qu’il était mort à l’âge de trente et sept ans. C’est aussi ce jour là que je compris pourquoi Rose m’avais toujours mis mal à l’aise, et quelques autres petites choses encore. Car alors qu’elle se baissait pour poser son bouquet de fleurs, j’entrevis la partie de sa robe verte qui jusqu’alors était restée cachée sous son boléro de dentelle. Et si je fut troublé une fois de plus, ce ne fut pas tant par ses formes que par ce bouton crénelé de couleur crème qui manquait sur sa poitrine. Elle se tourna vers moi et me fixa. Sans rien dire je fouillais ma poche et en sorti le tube de peinture jaune ainsi que le bouton. Je ne cessais de regarder Rose. Déjà au bord des larmes, elle s’écroula en répétant plusieurs fois : Je ne voulais pas, c’était un accident. Il m’avait promis !

Je la relevais assez brusquement je crois, et je la secouais en lui ordonnant de se taire. Puis je lui dis que pour tout le monde Van Gogh s’était donné la mort, et c’était la seule vérité qui existerait jamais. Je n’avais pas encore eu le temps de porter mon uniforme de policier que déjà j’avais perverti le cours de la justice.

Je ramenais Rose chez elle, lui demandant en chemin de m’indiquer aussi précisément que possible l’endroit où elle avait jeté l’arme, et d’oublier tout le reste.

Malgré l’insistance de ma tante, qui refusait de me laisser partir de nuit, je les quittais, elle et Rose, dans la soirée du jeudi 31 juillet 1890. Pourtant je ne revins à Paris que par le premier train du vendredi suivant. Ce que je j’avais fait durant la nuit est facile à deviner.

Le revolver, un modèle MAS de 1873, se trouve d’ailleurs toujours dans l’appartement de la rue Vaugirard, où je termine mes jours, vieil homme auréolé d’une réputation usurpée de grand commissaire divisionnaire. Car si quelqu’un avait daigné retirer la balle de la poitrine de Vincent Van Gogh, il aurait pu constater qu’elle avait été tirée par le même revolver que celui qui avait servi dans plusieurs autres crimes jamais résolus depuis.

J’ai su que Rose avait fait un beau mariage, et qu’elle habitait une très grande et très belle maison dans les environs de Bordeaux. Elle ne m’y a jamais invité. La guerre de 1914 m’a pris un fils, et estropié le second. Mon épouse Edmonde, que j’ai rencontrée il a près de quarante cinq ans, a veillé sur moi aussi bien que c’était possible durant toutes ces années. Il est grand temps de la laisser se reposer. De mon dernier lit j’entends le grondement des hommes qui se préparent à cette nouvelle guerre qui ne peut plus être évitée, mais qui n’est plus la mienne.

Jaune de Chrome

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